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Histoire d'un Maître Chat (par Solimaan) Au début des années 2000, Tara et moi partagions une grande maison à Orange (84). Elle louait le haut et moi le bas. Nous étions proches des cimetières, ce qui nous valu quelques "visites" dont je parlerai peut-être un jour. Souvent , nous grimpions le chemin un peu rude qui passe entre les cimetières et permet d'atteindre le grand parc, sur la colline qui domine la ville. Nous allions jusqu'à la statue de Marie, qui veille sur Orange et lui offre généreusement une éternelle bénédiction. Puis nous redescendions tranquillement, en explorant les divers chemins possibles. Parfois, nous passions devant une propriété en apparence abandonnée, protégée des regards indiscrets par un long mur d'au moins 2m50 de haut. Ce mur était toujours peuplé de chats, beaux et sauvages qui parvenaient jusque-là grâce à quelques grands arbres qui poussaient de part et d'autre du mur. Des passants avaient l'habitude de déposer des "offrandes" au pied du mur et c'était un ballet incessant de chats qui venaient se restaurer puis remontaient vite vers la "sécurité". Un Dimanche, nous en avons comptés une quarantaine, mais rares étaient ceux qui se laissaient approcher.
Un jour, alors qu'une dizaine de ces matous étaient au pied du mur, notre vie bascula dans la magie. Comme chaque fois, notre approche provoqua une fuite éperdue de la troupe, vers les branches salvatrices.
Il faut dire que quelques mois auparavant, l'adorable chatte noire (Linka) qui m'accompagnait avant ma rencontre avec Tara, nous avait quittés, heurtée par une voiture, et sa disparition avait laissé un vide dans la maison. Je ne rappelle pas si nous avons pensé à l'époque que Linka s'était réincarnée dans ce petit chat, mais nous savons qu'il arrive fréquemment qu'un de nos compagnons à quatre pattes nous revienne vie après vie. Une explosion de vie, d'exubérance et de joies partagées s'installa aussitôt dans la maison. Mais je ne m'attarderai pas sur cette période, car vous avez probablement eu, au moins une fois, l'occasion de vous émouvoir devant les malices et acrobaties d'un chaton.
Ce que je veux partager aujourd'hui avec vous, est moins réjouissant, mais ô combien révélateur de l'aide que les animaux, domestiques ou non, peuvent nous apporter. Pour ma part, je constate que chats et chiens nous apprennent l'amour et nous permettent de l'exprimer, même lorsque nous peinons à expérimenter l'amour avec les autres humains.
Le chien nous apprend l'amour inconditionnel. Le chat nous initie à un amour respectueux de l'indépendance de l'être aimé.
Mais revenons, si vous le voulez bien, au sujet principal de ce témoignage, qui tend à montrer qu'un animal peut aussi être un Maître, venu exprès nous aider à guérir. Après quelques mois, je suis parti travailler dans la région de Châteauroux, seul dans un premier temps, puis nous avons décidé de déménager, avec "Nouchka", puisque tel est le nom que nous lui avions donné. Nous avions trouvé une grande maison à partager, à Mers sur Indre, ancien pavillon de métayer du Château du Magnet. Le lieu était magnifique, notamment grâce à la présence majestueuse de deux grands séquoias et d'un cèdre du Liban. Nouchka appréciait énormément la tendre écorce des séquoias et il en escalada inlassablement les plus basses branches, pendant quelques semaines. Mais soudainement, sans que rien ne nous ait alerté, Nouchka manifesta les signes d'une grande fatigue et cessa de s'alimenter. Nous avons immédiatement foncé vers le vétérinaire le plus proche qui détecta très vite une leucose (le sida du chat), très probablement contractée sur son lieu de naissance. L'espérance de vie de Nouchka n'était plus que de quelques jours et cette nouvelle nous laissa abasourdis.
Tara en fut énormément affectée car elle aimait ce chat comme s'il était son propre enfant. Il faut dire que l'un des drames vécus par Tara, en préparation de son futur travail spirituel, fut de sentir mourir dans son ventre le seul enfant qu'elle ait porté, peu de temps avant la date prévue pour la naissance. Elle accoucha donc d'un enfant mort qui ne lui a même pas été montré, et rien n'avait été entrepris pour aider Tara à faire un travail de deuil. Cette notion n'était pas encore connue du grand public comme elle l'est maintenant. Depuis longtemps, je cherche à comprendre la signification des évènements douloureux qui surviennent dans ma vie. Je me suis donc interrogé sur l'éventuel "pourquoi" de la mort annoncée de notre chat.
Un coup d'œil au calendrier acheva de nous convaincre : le 9 août, nous fêtons Saint-Amour. Tara demanda conseil à ses guides, pour savoir comment honorer au mieux notre défunt compagnon. La réponse fut que, comme pour les humains, il était bon d'attendre 3 jours avant de le mettre en terre, délai nécessaire à l'âme pour se dégager totalement du corps physique.
L'adieu définitif devait donc se faire le 12 août, soit le jour anniversaire de Tara.
Tant de coïncidences ne pouvaient décidément pas être le fruit du hasard et nous décidâmes d'enterrer le chat sous le grand cèdre, avec un rituel simple mais nous permettant d'exprimer notre reconnaissance pour la lumière que ce chat avait apportée dans notre vie. Après s'être exprimée, Tara a demandé si le chat avait quelque chose à nous dire. Elle a alors canalisé un message expliquant que Nouchka ne pouvait pas s'exprimer avec les mots et qu'il demandait au Divin de parler pour lui. La suite nous révéla que Nouchka était un "Maître Chat", venu effectivement pour nous aider dans notre évolution et qu'il était reconnaissant de l'amour que nous lui avions témoigné. Détail émouvant, il appréciait beaucoup la joie et l'amour que nous manifestions, chaque fois qu'il venait se coucher entre nous sur le canapé, quand nous regardions la "boîte à images" (la télé). Lorsque vint le moment de reboucher le trou, par-dessus le petit cercueil improvisé, Tara remercia une dernière fois Nouchka et l'assura que nous serions très heureux s'il décidait de revenir vers nous lors d'une prochaine incarnation. Elle eut alors la vision d'un chat blanc, sans toutefois percevoir s'il s'agissait de l'âme de Nouchka qui se montrait ou s'il s'agissait d'une indication sur ce que pourrait être sa prochaine incarnation. Dans les semaines qui suivirent, au fur et à mesure qu'elle effectuait son travail de deuil, il m'apparut évident que Tara pouvait parler de la perte de son enfant, avec une charge émotionnelle très atténuée. En moi, la reconnaissance pour ce que Nouchka avait permis, l'emportait largement sur le chagrin et je me sentais confiant quant à l'avenir.
Le printemps suivant apporta une belle surprise. Entrant dans une animalerie pour toute autre chose, j'aperçus deux chatons blancs dans une vitrine. L'un était déjà retenu, mais l'autre repartit avec moi, dans un panier en osier que j'avais placé devant le siège avant droit de la voiture.
Cela me paraît probable. Mais il a également fondé sa propre famille, avec une chatte "félix" que nous lui avons trouvée. Mona, c'est son nom, a disparu après lui avoir donné 7 enfants (en 2 portées), dont trois sont encore avec nous. Bénis soient-ils !
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| Histoire d'un Maître Chat |
| © 2009 |
